Les Chroniques du burnout, épisode #1
Épisode 1 : Quand le corps dit stop, c’est que le burnout était déjà installé
Nous vivons à un rythme qui dépasse nos capacités humaines.
Notre corps a été conçu pour s’adapter, pour gérer le stress ponctuel, pour encaisser les tempêtes. Mais aujourd’hui, les tempêtes ne sont plus exceptionnelles. Elles sont constantes.
Nous sommes en mode urgence permanente. Répondre vite, produire plus, gérer mille choses à la fois, anticiper, optimiser, performer. Le volume d’informations que nous devons traiter chaque jour est vertigineux. Les exigences, infinies. Le temps pour souffler, quasi inexistant.
Alors, on tient. On repousse nos limites. On ignore la fatigue, on banalise le stress, on fait taire les signaux d’alarme. Jusqu’au jour où le corps ne suit plus. Jusqu’au jour où il nous force à nous arrêter.
Le burnout n’est pas une anomalie. Il est devenu un passage presque inévitable dans une société qui nous demande toujours plus, sans jamais nous laisser le temps de nous adapter. Nous sommes nombreux à en avoir fait l’expérience, et nombreux à y être en route, parfois sans même le savoir.
À travers ces chroniques, je veux raconter cette descente, ce mur que l’on percute de plein fouet quand on va trop loin, trop vite, trop longtemps. Mais aussi ce qui vient après. Ce qu’on apprend quand tout s’effondre. Comment on se reconstruit, différemment.
Si ces mots résonnent en toi, c’est que tu es déjà sur le chemin de cette prise de conscience.
Alors, avançons ensemble.
Avril 2021
Ça ne va pas mais je ne sais pas pourquoi. Je pleure beaucoup. Je suis épuisée. Je dors mal. Je survis. Chaque jour est un défi. La fatigue me prend sans jamais me lâcher. Ai-je vraiment envie de continuer ? Je fais l’état des lieux et je constate que plus rien dans ma vie ne fait du sens, je l’ai laissée filer entre mes doigts, moi qui pensais avoir appris à saisir chaque instant et à profiter de ce qui était tant que nous étions en vie.
Ne plus trouver de temps pour moi
Faire des activités que j’aime, mais ne plus en profiter
Ne plus réussir à faire du sport
Courir partout, sans arriver nulle part
Ne plus pouvoir cuisiner, faire les courses, prendre le temps de manger
Avoir tout le temps quelque chose en tête et en même temps ne penser à rien
Avoir envie de faire des choses, mais ne plus y arriver
Avoir perdu le rythme
Ne plus me sentir libre; libre de mes mouvements, de mes actions, de mes émotions.
Premier arrêt de travail. Entre peine et culpabilité, dans ce rythme effreiné je dois m’arrêter.
Mais comment fait-on pour s’arrêter quand on ne sait plus comment exister autrement ?
Le piège du "juste un peu plus"
Avant cet instant, j’avais toujours cru que tout se réglerait en "tenant bon un peu plus longtemps". Que le repos viendrait après. Après ce projet, après cette échéance, après cette période compliquée. Mais après quoi, exactement ?
Nous avons appris à nous adapter à un rythme qui dépasse nos capacités naturelles. Nous avons normalisé l’épuisement. La société nous félicite quand nous donnons tout, quand nous ne comptons pas nos heures, quand nous nous plions en quatre. Mais à quel prix ?
👉 Et toi ? As-tu déjà ressenti cette sensation d’être submergée sans savoir comment en sortir ?
Quand le corps parle avant que l’on comprenne
Mon corps a essayé de me prévenir bien avant que je l’écoute. La fatigue chronique, les insomnies, les palpitations, les crises de larmes sans raison apparente. Tous ces signaux que j’ai ignorés parce que "ce n’était pas si grave", parce que "je n’avais pas le temps d’être fatiguée".
Mais le corps, lui, n’oublie rien. Il accumule. Il encaisse. Jusqu’au jour où il n’en peut plus.
Les signes que nous avons tendance à ignorer :
✔️ Un sommeil non réparateur, même après plusieurs heures de repos
✔️ Une fatigue qui ne disparaît pas, même après 8h de sommeil
✔️ Une difficulté à ressentir du plaisir, même dans ce qu’on aime
✔️ Une irritabilité accrue, une sensation d’être à fleur de peau
✔️ Un brouillard mental, des oublis fréquents, une difficulté à se concentrer
✔️ Une hypersensibilité émotionnelle et aussi parfois une une forme d’apathie
Ces signes étaient là bien avant mon arrêt, mais je les ai balayés d’un revers de main.
👉 Et toi ? Quels signaux ton corps t’envoie en ce moment ? Les écoutes-tu ?
Le premier pas vers la guérison
L’arrêt a été brutal. Comme une chute libre sans parachute. Le vide sous mes pieds mêlé à un grand sentiment de culpabilité et de ne pas être assez. Comment allait-on me voir (au travail surtout)? Comme quelqu’un de faible, pas digne d’une promotion ? Cette omnibulation et cette perception de moi-même étaient ancrées si profondément que même à l’arrêt, je me sentais en faute. Comme si mon corps m’avait trahie, alors qu’en réalité, c’est moi qui l’avais poussé trop loin.
Je me débattais entre deux réalités contradictoires : d’un côté, l’évidence que je n’en pouvais plus, que chaque cellule de mon corps criait à l’aide. De l’autre, cette voix intérieure qui me chuchotait que j’aurais dû être plus forte, que j’aurais dû tenir encore un peu.
👉 Et si cette culpabilité n’était pas la mienne, mais celle d’un système qui valorise la performance au détriment du bien-être ?
Pourtant malgré tout, c’était aussi la première étape d’un processus que je n’avais jamais envisagé : la reconstruction.
Parce qu’on ne "récupère" pas d’un burnout en quelques jours de repos. Ce n’est pas qu’une question de sommeil ou de vacances. C’est un reset complet. Un retour à soi. Une redéfinition de ce qui compte vraiment.
👉 Si tu te reconnais dans ces lignes, peut-être que ton corps essaie lui aussi de te dire quelque chose.
Dans les prochains épisodes, je vais partager comment j’ai commencé ce chemin de guérison, ce qui m’a aidée et ce que j’aurais aimé comprendre plus tôt.
En attendant, je t’invite à prendre un instant pour observer où tu en es. Comment te sens-tu, là, maintenant ?
Et si ton corps avait quelque chose à te dire, qu’est-ce que ce serait ?